Par Myriam Poliquin 

Petit matin marseillais

Vous vous réveillez à 1 heure du mat'; j'dors comme une bûche.
C'est que l'appartement AirBnB, bah, il est pas juste à nous finalement... et Monalisa daigne enfin nous accueillir à son tour en bonne et due forme dans sa demeure du centre-ville de Marseille, après en avoir mandaté son ami plus tôt.

Faque elle sort l'attirail de cuisine, s'installe au salon avec une copine, lui laisse sa chambre et investit le divan, laissant à ses pieds un cul de poule vide. (C't'à croire que vous lui aviez glissé mot que c't'avec ce genre d'instruments que vous saviez faire votre plus belle 'zique*! Qui n'a pas des envies de jam à cette heure?) On a droit à La quête de la dignité, performance pathétique en trois actes. La version originale, tsé, celle où des inconnu.e.s sont chargés une cinquantaine d'Euros pour laver ta vaisselle et te rappeler d'acheter du papier de toilette?!

À notre arrivée, il restait déjà des traces de la fête de la veille, de celles qui font mal aux cheveux le lendemain. En tous cas, celles du type à les perdre soudainement, assez pour en faire un muffin dans la baignoire. Un qui mériterait d'être accompagné de deux-trois tasses de Drano bien corsé.

C'est dur la vie d'artiste visuelle! Sceau-lidarité.

*Note aux fans: Plusieurs sons que vous retrouverez sur l'album Ma Quincaillerie Musicale ont été fabricolés avec des objets du quotidien par Ariane Deslions et son musicien, Simon Bergeron.

 

En route vers Embrun

En voiture, vous répétez le dialogue du spectacle, vos gestes ponctués des directions dictées par la voix électronique du GPS. J'ai la tête sortie par la fenêtre, le vent et le soleil qui me fouettent le visage. Au début, c't'à cause des courbes pis du mal de coeur. Rapidement, c't'à cause du paysage. J'tente de me convaincre que c'est réel. Je voudrais en faire partie. Une envie dangereuse. J'ai peur de pas pouvoir me retenir d'entraîner Simon à faire une fausse manoeuvre qui nous enverrait valser dans ce décor!

On quitte tranquillement la Provence pour entrer dans les Hautes-Alpes. Les villages sont juchés à flanc de montagnes, comme pour se mettre à l'abri des coquelicots qui se sont lancés à l'assaut de la vallée. Les pins, les peupliers et les platanes laissent un peu de place aux tilleuls. Les toits prennent des allures montagnardes.

La faim nous prend comme une envie de claquer des doigts sur un rythme entraînant. C'est donc dire que ça arrive souvent aux membres de notre équipage...

C'est le château de Tallard qui guidera nos pas curieux vers des croque-monsieur et des sandwichs au jambon. Ça, pis le radar chevaleresque de Simon, qui semble être ajusté pour nous entraîner dans les étroites ruelles médiévales.