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Mérite Estrien

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Mérite Estrien

ÉCOUTER L’ENTREVUE AVEC RÉJEAN BLAIS - RADIO-CADANA 9 AVRIL 2019

La Tribune

Lire l’article de Karine Tremblay

Ariane DesLions se pointe au rendez-vous avec deux intrigants instruments de musique sous le bras.

« C’est une rouskitar et une pelalunch », explique-t-elle en montrant ses nouvelles créations faites de matériel recyclé.

Aussi belles qu’originales, les deux machines à sons ont été imaginées de concert avec le luthier Guillaume Rancourt. Elles imagent joliment l’univers musical que l’auteure-compositrice-interprète sherbrookoise déploie depuis un peu plus de deux ans.

« Il y avait un espace à combler dans le marché, je pense, et je suis arrivée pile pour l’occuper », dit la « fabricoleuse » qui fait sa niche dans le monde de la musique jeunesse ici, mais aussi à l’extérieur de nos frontières. Ses chansons tricotées à partir de thèmes sensibles se sont promenées dans la province et de l’autre côté de l’Atlantique, où elle a fait deux longues tournées avec son impressionnante collection d’instruments joliment patentés.

Le propos et la couleur de son personnage de scène s’imbriquent aux valeurs qui lui sont chères et au message qu’elle entend porter auprès des jeunes.

« J’arrive avec un modèle différent de celui des princesses de Disney. Je porte des bottes de construction, je manie la perceuse et je me fâche parfois sur scène. J’aborde des sujets qui sont délicats, mais avec ludisme et poésie. Je veux montrer aux enfants qu’ils peuvent garnir leur coffre à outils personnel et qu’ils ont la capacité de se bricoler des solutions. Je souhaite mettre en lumière leur capacité de résilience », dit celle qui a œuvré cinq ans comme travailleuse sociale avant de faire le plongeon en musique.

C’est une invitation de Jeunes musiciens du monde qui a tout déclenché.

« J’ai étudié la musique à Mitchell-Montcalm, je joue de plusieurs instruments, mais je n’avais pas envisagé d’en faire un métier jusqu’à ce que l’organisme me propose de donner des cours de musique aux enfants. »

Au contact de ceux-ci, elle a vu qu’il y avait peut-être une fenêtre à ouvrir.

Ici et ailleurs

Grâce au support de Jeunes volontaires et à une bourse de compagnonnage avec le compositeur Marc Larochelle, elle a mis son projet en branle. Avant même le lancement officiel de Ma quincaillerie musicale, son premier microalbum, on l’invitait en France. Les spectacles se sont ensuite enchaînés ici, après une vitrine au ROSEQ.

Petit à petit, son rayonnement s’élargit. Cet été, Ariane fera le tour de l’Ontario francophone et se rendra jusqu’en Alberta pour faire entendre son bouquet de chansons qui parlent de la séparation des parents, de la réalité des réfugiés et de la gestion des émotions, entre autres sujets.

« Je m’adresse à l’intelligence des enfants, mais au fil du temps, j’ai compris que j’écrivais pour les parents, en portant la parole et le point de vue des tout-petits. Mon parcours et ma formation me permettent d’aller dans ces zones-là pour susciter la réflexion, la discussion. Ceci dit, je m’assure de faire contrepoids avec le côté clownesque de mon univers. Je parle de choses sérieuses, mais avec des images poétiques et à travers un enrobage musical qui n’est absolument pas dans la lourdeur. À travers tout ça, il y a des chansons éclatées avec des mots inventés. On s’amuse aussi. »

Au fil de la tournée où elle multiplie les représentations devant des salles pleines, l’artiste de 30 ans prépare un prochain disque qui s’intitulera Rêves à colorier. « Mais on va le sortir en pièces détachées, une chanson à la fois, parce que les changements dans l’industrie nous obligent à être créatifs. »

La première chanson, Ma mont-golfière, sera lancée en mai.

« J’ai creusé dans ma propre histoire d’enfant pour l’écrire. Il y est question de la maladie d’un parent et de l’insécurité que ça génère chez l’enfant qui veut aider, mais qui ne sait pas comment faire », exprime celle qui entend jaser des conflits, de la pauvreté, de l’égalité des chances dans ses prochains titres.

Une série web de capsules est aussi dans les cartons. Les tutoriels de bricolage signés Ariane DesLions devraient se retrouver en ligne au cours de la prochaine année. Des produits dérivés devraient aussi poindre sur le marché.

« Je viens tout juste d’incorporer ma compagnie, La fabricolerie d’Ariane DesLions inc. C’est une grande étape, l’horizon est rempli de beaux projets. Ma fierté s’incarne dans les témoignages que je reçois presque chaque semaine. L’impact concret de ce que peut la musique, c’est très stimulant et inspirant. »

Repères

Le véritable nom d’Ariane DesLions est Ariane Dion-Deslauriers;
Titulaire d’un baccalauréat en travail social;

Fille de l’auteure Lynda Dion et de l’artiste et amuseur public André Deslauriers;
Enseignante à Jeunes musiciens du monde depuis 2015;
Récipiendaire d’une bourse du CALQ pour la création de chansons (2018-2019);
Récipiendaire du prix Relève du Conseil de la culture de l’Estrie en 2017;
Artiste en médiation culturelle auprès de l’organisme Famille Espoir;
Porte-parole pour le centre de pédiatrie sociale communautaire Le Tandem de Magog.

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