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Décor à numéros

Des sons qui voyagent-Jour 2, partie 2: Tallard-Embrun

Des sons qui voyagent-Jour 2, partie 2: Tallard-Embrun


Par Myriam Poliquin

Un accueil royal

Après une tournée du domaine du château de Tallard via le sentier des chèvres, nous filons vers Embrun. Y'a Aline qu'on doit rejoindre dans le stationnement de la gare. C'est à moins de 45 minutes, mais c'est assez pour nous donner le torticolis. Les vallées dorées se sont approfondies, faisant surgir les pics enneigés. Le turquoise du lac qu'on doit traverser nous enlève la voix. Pas certaine qu'on aura le temps de la retrouver avant le spectacle du lendemain...

Pour nous accueillir, tous les organisateurs et organisatrices des Rencontres de la petite enfance se sont joints à Aline, dont la chaleur, la gentillesse et le dévouement nous avaient déjà charmés. Nous sommes hébergés chez Mylène, dans sa maison étincelante à flanc de colline, avec vue sur les sommets. Les rosiers sont lourds de fleurs, le cerisier courbé par les fruits de la tentation, et notre hôtesse débordante d'ironie juteuse. Près d'un grille-pain pyromane trône un panier de victuailles dans lequel nous attendent toutes les munitions culinaires nécessaires pour achever l'envoûtement. C'est un souriant et accommodant Bertand qui finit de dérouler le tapis rouge du traitement royal en s'assurant de nous donner les précieuses informations sur les incontournables à savoir, voir et boire...

 

Siffler en bricolant

La cave de Mylène se révèle être notre destination fraîcheur pour l'après-midi: il nous reste un décor à fabricoler. Transe induite par l'enthousiasme de l'équipe qui nous reçoit ou peut-être (un peu) par le décalage horaire, cette journée, par bonheur, apparaît durer 36 heures.

Mononcle Ben, fabricoleur en chef du décor et des accessoires du spectacle Ma Quincaillerie Musicale, a concocté un coffre à outils démontable dans lequel vous pouvez tous les deux vous cacher. C'est le bois et les vis qui remplissent nos 5 valises. C'est notre bricolage-à-coller, grandeur nature, pour cet après-midi là. Tous les montants sont numérotés, il ne reste qu'à faire fonctionner notre cerveau Ikea. Je suis mise à profit dans la section des pinceaux et de l'exacto. Ma mission: transformer le carton brun en notes de musique et en outils géants.

On s'accorde tout de même une pause séduction-papilles: le vin et les cerises cueillies à même l'arbre viennent agrémenter le repas concocté par Simon. Le paysage reste un sujet d'émerveillement.

C'est à 1 heure du matin passée que Simon décide qu'il nous manque un dernier feu d'artifice pour finir de s'aveugler de beauté. Alors qu'on teste l'équipement et que Simon m'explique le chemin du son, les rallonges, les convertisseurs et les adaptateurs décident qu'il est trop tard pour conduire et transformer le 220V en 110V...

La journée se termine en coup de théâtre, sur un black-out.

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Des sons qui voyagent -Jour 1: Montréal-Marseille

Des sons qui voyagent -Jour 1: Montréal-Marseille

Par Myriam Poliquin

Aéroport de Montréal

Traîner sa musique avec soi. Trimballer ses outils à mélodies dans 5 valises de 23 kg. S'assurer que la répartition est bonne; qu'on n'a pas trop mis de clés de fa ―celles lourdes de sens― dans son bagage à main.

« Oups! Toi, avec ton sac de crayons de couleur, y'a-t-il une p'tite place pour mon tournevis multi-usage? »

Sur la pesée, on réussit l'épreuve du poids, mais pas des dimensions. Faut alors, faire la file avec les vélos et les poussettes et s'inquièter de la possible gougounnophobie* de l'inspectrice. C'est à se demander comment on explique qu'on charrie notre plomberie pour se produire en pestacle dans les Hautes-Alpes.

*Note aux fans: Ariane DesLions et son fidèle acolyte sont des virtuoses du gougounophones (gougounes-o-fun), un instrument à tubes de PVC qu'on fait résonner à l'aide des fameuses sandales de mousse, les gougounes.

 

Vol Montréal-Marseille

Faque on va s'parler de l'Option PLUS d'Air Transat deux minutes. Un p'tit couvre appui-tête gris brodé sur ton siège, on te fait sentir fancy. (Pis tsé, ç'pas long quand tu côtoies des musiciens en tournée internationale...) On te vend des attentes moins longues, en te faisant croire que tu vas t'ennuyer autant qu'un mardi midi du mois d'avril dans la salle d'attente de la SAAQ. Une chance que la trousse Comfort arrive juste au moment où tu réussissais à t'endormir!

 

Arrivée sur Marseille

  • 5 valises de 23 kg
  • 2 grandes boîtes de carton ―grandeur « frigo »―sauvées de la déchiqueteuse du supermarché;
  • une poubelle que tu entends convertir en banc;
  • une coup'e de batteries...

Tu fais des «X» sur ta liste mentale pendant qu'on grignote assis.e.s sur l'herbe sèche d'un terre-plein du centre commercial, entre les bretelles d'entrée et de sortie de l'autoroute.

« Tu penses-tu que le ukulélé rentre encore dans la Zephira? Ta tête frotte-tu su'l carton qu'en t'embarques? »

« Ouvre grand la fenêtre: j'ai mal au cœur. »

« Au rond-point, prenez la troisième sortie, direction centre-ville de Marseille. »

« Tcheckes la mer! ... Ah b'en oui, toi tu vois pas à gauche, à cause du stock. »

C'est à 14h30, quand on passe la porte au bas de l'appartement marseillais qui nous accueille, que tu réalises qu'il faut monter les 5 valises sur 3 étages dans l'escalier en colimaçon...

La journée est pas finie!

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